Le troubadour

 

 

Sur la place du village arrive le troubadour,

L’air assez soigné et sage, pas comme ceux de tous les jours.

Oyez oyez, oyez mesdames !

Oyez oyez, oyez messieurs !

Venez tous m’écouter, je vous apportes nouvelles,

Fraîches ou bien démodées, des intrigues à la pelle.

Venez entendre les plus hauts faits,

Venez apprendre les quolibets !

 

Et la foule apprivoisée, à sa main vient picorer.

 

 

On raconte par là-bas que le Roi est un bandit,

Qui pour aider son parti vole dans les caisses de l’Etat.

Mais ce ne sont que quolibets,

Et puis il a l’immunité.

On raconte par ici que l’on vole les plus bas,

Et qu’on ne les aide pas, qu’on les exploite et les spolie.

Mais bon Dieu, laissez dire les autres,

Ce ne sont que de mauvais apôtres !

 

Et la foule ainsi flattée, de ses mots vient s’abreuver.

 

 

Mais tout ça n’est que détail, car vient un plus grand malheur :

Une conspiration de taille vient inquiéter vos demeures.

Attention, peuples d’ici !

Voici venir vos ennemis !

Ce sont tous des barbares, attention braves gens,

Concitoyens gare, gare, ils en veulent à votre argent !

Donnez moi tous ce que vous avez,

J’assurerai votre sécurité.

 

Et la foule docilement, vient lui donner son argent.

 

 

Le troubadour est parti et la foule n’a rien vu,

Ils ont tous pris son parti, il faut croire qu’il les a bien eus.

Les ennemis étaient des frères,

Qui voulaient juste fuir la misère.

Ce dangereux troubadour, parcourt encore les chemins,

Le vil maraud le gredin, il rode encore et toujours.

Il est peut être non loin d’ici,

Prêt à surgir dans votre vie.

 

Mais l’homme averti en vaut deux, il ne fera pas long feu …